Les ombres qui passent (walking shadows)

Des dessins et aquarelles, sans prétention ni explications. Des croquis au fil des jours, pour pouvoir tourner autour.

13 mars 2008

Brumes

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Il y a longtemps que je n’ai pas raconté ma vie dans cette bien nommée rubrique « Il était une fois ma vie ». Je m’en vais donc de ce pas vous narrer un fascinant et passionnant (...) épisode de ma jeunesse.

(Je raconte ma vie mode On)

Quand j’étais petit, outre le fait que je n’étais pas grand (contrairement à maintenant), j’avais lu et relu une bande dessinée de la Belle au bois dormant (version Disney). J’avais particulièrement été frappé par deux choses : la princesse qui se pique le doigt avec son rouet et la méchante sorcière qui se transforme en dragon.

Or, voila t-il pas que dans un coin de notre salle de bain se trouvait un petit chauffage d’appoint en fer pour les jours de grand froid (ça va, ce n’était pas non plus « Les Misérables », pas d’inquiétude).

Je suppose que les normes de sécurité n’étaient pas ce qu’elles sont aujourd’hui (le chauffage en question n’était d’ailleurs alors pas de première jeunesse) : une espèce de ressort en fil de fer entortillé rougeoyait lorsqu’on allumait le radiateur, sans aucune protection particulière. Il était donc tout à fait possible de toucher cette résistance incandescente.

Et, pour couronner le tout, un dragon crachant du feu était gravé sur le radiateur.

J’ai tenté de trouver dans les limbes d’Internet une photo de cette pièce de musée, mais en vain. Il faut croire que le fabricant a tout fait pour disparaître de la surface de la Terre (si ça n’existe pas sur Internet, c’est que ça n’existe pas !).

En tout cas, j’étais à l’époque persuadé d’une chose : que si je touchais le fil entortillé orangé et brûlant, je me transformerais alors immédiatement en dragon gigantesque crachant du feu, comme dans l’histoire de la Belle au bois dormant.

Attention, ce n’était pas du tout pour moi une supposition ou une éventualité. J’en étais absolument certain et j’avais d’ailleurs un peu peur de devenir un dragon : je me disais notamment qu’il fallait éviter que je me transforme en dragon, sans quoi j’aurais pu détruire notre maison (forcément, un dragon, c’est grand) et faire du mal à ma famille (forcément, un dragon, ça crache du feu, c’est plus fort que lui).

J’ignore comment et quand j’ai progressivement pris conscience que je ne deviendrai (probablement...) pas un dragon, mais une chose est sûre à la réflexion : ça m’a au moins évité de me brûler méchamment en m’éloignant de ce radiateur maléfique ne répondant pas aux normes CE.

Bon, dit comme ça, ce souvenir aurait tendance à me faire passer pour un sociopathe ; et c’est d’ailleurs pour cela que j’éviterai – autant que possible – d’en parler lors d’un test psychologique.

(Je raconte ma vie mode Off).

Posté par Tselover à 17:24 - Il était une fois ma vie - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

J'aime beaucoup ce récit et le ton sur lequel il est conduit... Et ça n'a jamais donné La métamorphose du rêve brûlant, La brûlure du dragon au bain, ou autre, cette mémoire-ci?

Posté par Constance, 13 mars 2008 à 20:19

Merci.

Je penserais au rêve de la métamorphose du dragon pour un prochain dessin !

Posté par DB, 15 mars 2008 à 20:48

bizarre coincidence.. je me demande à quel on point tu y croyais...! quand au sociopathe, arf, non, non ne vous en faites pas, t'es juste un peu toqué, sauf vot' respect... :)
vous-tu

Posté par roz, 17 mars 2008 à 16:31

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